| Questions à Matthieu Ricard |
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Interview Mathieu Ricard - Lundi 18 août 2008 - Nantes Le Dalaï-lama a dit l’été dernier lors de son voyage en Australie « Si rien ne change d’ici 15 ans, la culture tibétaine risque de disparaître » encore cette semaine à Paris il s’est montré très inquiet sur l’avenir de son pays quel est votre ressenti ? Je crois que la Dalaï-lama se rend compte très bien de la situation mieux que quiconque. Si il y a un million de chinois de plus après les jeux olympiques comme ils prévoient, on a même parlé à un moment donné de 15 millions de Chinois d’ici 2015 (ça suit le mouvement qui s’est passé en Mongolie intérieur où il y avait 80% de mongole en 1950 et maintenant il n’y en a plus que 20%) cela implique forcément une dilution complète de la culture tibétaine et en menace profondément sa survit. C’est donc principalement la dilution par le transfert de population et du coup les écoles sont en chinois tout ce passe en chinois et donc les Tibétains étant une minorité, leur culture est vouée à disparaître, si c’est le cas. Quel est votre point de vu sur l’avenir de la culture tibétaine, ses valeurs sachant que de plus en plus de tibétains sont tentés par l’occident ? La population en exil représente 1/60ème de la population donc la survie de la culture tibétaine va dépendre de ce qu’il se passe à l’intérieur du Tibet quelque soit la détermination de la communauté en exil qui est une communauté exemplaire dans le but de préserver sa culture puisque 30% du budget du gouvernement en exil a toujours été dédié à l’éducation et les monastères fonctionne à nouveau. Le but principale de cette communauté est donc de préserver sa culture ses valeurs sa langue mais 1/60ème ne peut pas à long terme faire survivre cette culture. Donc le sort et l’avenir de l’héritage tibétain dépendra de ce qu’il se passera à l’intérieur du Tibet. Devons nous comprendre les événements de mars dernier comme une dernière chance pour les tibétains de faire entendre leur cause ? Ce n’est pas une dernière chance mais c’était un appel au secours, ils savait très bien les risques qu’ils prenaient puisqu’ils n’avaient certainement pas l’espoir de renverser le gouvernement et donc au prix de leur vie et au mépris des dangers ils ont choisis de lancer cet appel à la veille des jeux olympique pour que le monde réagisse parce qu’il se disait « Si les jeux olympiques se passe comme une lettre à la poste, après, le problème du Tibet on en parlera plus » et comme les chinois avaient plus ou moins le contrôle sur le Tibet il n’y avait donc aucune raison de faire la moindre concession. Pour que la Chine bouge il faut qu’elle se dise que le Tibet est un problème, or jusque en mars c’était un petit problème d’image mais ce n’était pas un vrai problème car en gros ils étaient les maître de la situation, or maintenant ils se rendent compte que c’est un problème, que l’ensemble du Tibet éprouve un profond mécontentement, un profond ressentiment. L’espoir c’est donc que si au plus haut niveau politique le gouvernement chinois se rend compte que c’est un problème, ils vont peut être commencés à, d’une part, ne plus nié que c’est un problème et deuxièmement de peut être essayés de faire ce qu’il faut pour le résoudre.
La jeunesse tibétaine en exil est en réel rupture avec la position non violente de sa sainteté le Dalaï-lama, elle s’impatiente La communauté en exil est une démocratie, il y a des personnes qui ne sont pas d’accord avec la politique du Dalaï-lama et c’est plus que normal, quand tout le monde est d’accord à 99% c’est plutôt louche c’est le fait de dictature généralement, quand tout le monde vote à 99% en faveur de Saddam Hussein on dit que les gens ne sont pas libre de leurs opinions. Donc le fait qu’il y ait des courant d’opinion différent montre justement que la communauté en exile est une démocratie seine. Le Dalaï-lama n’approuve pas l’usage de la violence, tant que c’est une minorité, c’est une voix parmi d’autre, si jamais la majorité des tibétains souhaitaient une politique de violence, à ce moment là, le Dalaï-lama a bien dit qu’il ne pourrait plus être leur porte parole. Mais comme ce n’est pas le cas, il les écoute, il prend note, il les reçoit, leur à fait part de ses propre opinions et donc c’est typiquement le processus de ce qui doit se faire dans une démocratie où les gens ont leur voix et peuvent s’exprimer librement. Pensez vous qu’il y aura un jour une réel prise de conscience et une prise de position assez forte (j’allais dire assez courageuse) de nos dirigeant pour faire avancer les chose sur la question du Tibet avant qu’il ne soit trop tard. Car tout le monde sait mais personne n’agit. Il y a peut de dirigeant qui agisse sur des idéaux et la volonté politique dépend plutôt des intérêts stratégique mais aussi des intérêts nationaux et mondiaux. Comme tout le monde le dit et tout le monde le sait (et il y a de plus en plus d’interdépendant) le fait de ne pas résoudre le problème du Tibet (dont le Tibet historique représente 27% du territoire Chinois) est un problème au niveau mondiale, particulièrement si on est un tout petit peu concerné par les droits de l’homme. Donc dans la mesure ou finalement cela concerne un peu tout le monde directement ou indirectement tout le monde, et les chinois en premier lieu, on intérêt à ce que ce problème soit résolut. En plus c’est une cause typique pour la justice et ce devrait être un archétype même d’une cause qu’on devrait soutenir précisément parce que le Dalaï-lama à choisie la position du dialogue, et faire en sorte que cette cause soit couronnée de succès serait un exemple que l’on pourrait donner à d’autre peuple qui se disputent : « vous voyez on peut résoudre les choses par le dialogue ». Car si on attend que les choses s’enveniment et deviennent des violences extrêmes, tout ce qu’on essaye de faire après, c’est de rétablir la paix. Donc pour quelqu’un qui essaye de faire avancer les choses sur une base de paix dès le départ, il devrait être soutenu par le maximum de volonté politique, donc c’est un peu dommage que ce n’est pas été le cas. Ce serait encore une fois un exemple que l’on pourrait donner et utiliser dans le future « vous voyez, un des membres du conflit à souhaité dès le départ résoudre la question par le dialogue, ils ont réussi (si il l’avait) » et cela aurait put permettre de bâtir un modèle de dialogue sur cette base. Donc c’est dommage que cette volonté politique est manqué mais lorsque tout le monde sentira que ça ne peux pas duré et que cette situation est intenable et reste sans solution, par ce que comme dit souvent le Dalaï lama cela fait trois génération maintenant et le fait qu’il y ait trois génération, il y a toute les chances que ça continue et donc le problème du Tibet n’est pas prêt de s’évanouir et la meilleur chose à faire serait de le résoudre et les chinois devrait comprendre que c’est dans leur propre intérêt. |
| Mise à jour le Lundi, 30 Mars 2009 09:14 |



